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Présentation de l’UFC 224 Nunes vs Pennington, carrefour des héros

Pour son retour en terres brésiliennes trois mois après le fight night Machida vs Anders, l’UFC a vu grand en réunissant certaines des plus grosses stars nationales. Il sera question de fierté, de sueur et de sang dans des oppositions aux enjeux multiples.

Même s’il ne l’avoue pas ouvertement, l’UFC a pour objectif de raconter des histoires à travers ses galas, pas seulement d’empiler les combats sans le moindre ressort émotionnel. Aussi cette carte de Rio, un an après le Aldo vs Holloway à la HSBC Arena, surfe sur le romanesque pugilistique : la confirmation pour une championne dominante, l’ascension irrésistible d’un challenger en puissance, ou encore le chant du cygne pour deux légendes de ce sport. Au-delà de clarifier la hiérarchie, ce show devrait engendrer quelques larmes dans les yeux des fans.

Championnat féminin poids coqs : Amanda Nunes (15-4) © vs Raquel Pennington (9-5)

Pour devenir l’égale de sa compatriote Cris « Cyborg » Justino, championne des poids plumes, Amanda Nunes devra se montrer davantage convaincante que le 9 septembre dernier. Ce jour-là, elle était auréolée d’une décision très étroite face à son aspirante Valentina Shevchenko. Pour la deuxième fois, elle ne parvenait pas à vaincre la Russe avant la fin du temps imparti. En dehors de ces deux oppositions, les victoires de Nunes se caractérisent par des finishs impitoyables. Souvenons-nous Ronda Rousey, atomisé en 48 secondes pour son ultime sortie en MMA. La Brésilienne a beau être une pratiquante de judo de haut rang et une ceinture noire de JJB, ses atouts les plus exploités concernent le striking. Notamment cette dimension de pressing/étouffement lorsqu’elle parvient à toucher sa cible. La challenger Raquel « Rocky » Pennington part de bien loin pour résister au bulldozer Nunes. Certes quatre succès de rang, dont certains noms importants (Jessica Andrade, Miesha Tate), mais surtout aucune apparition à son actif depuis novembre 2016. Rajoutons que Pennington n’a aucune spécialisation car directement formée (sur le tard) aux MMA, aspect se traduisant par un style indéchiffrable. Bien qu’axée sur les échanges en boxe, l’Américaine s’est imposée à une seule reprise par KO/TKO…pour son premier match pro (contre Kim Couture en 2012). Depuis, elle amène souvent ses combats à la décision (neuf des treize suivants) quand elle ne trouve pas une issue via une manœuvre de soumission. Son score peu flatteur de 9-5 doit être relativisé car elle n’a affronté que des têtes de série. Ses chances de déchoir une championne, sur le papier supérieure dans tous les domaines, restent infimes.

Poids moyens: Ronaldo “Jacaré” Souza (25-5 + 1 no contest) vs Kelvin Gastelum (14-3 + 1 no contest)

Ça sent la poudre entre deux des meilleurs poids moyens au monde. Classé #2 par l’UFC, Jacaré Souza doit seulement déplorer deux défaites depuis son arrivée à l’UFC : une décision partagée en faveur de Yoel Romero, actuel challenger officiel de la catégorie, qui rencontrera donc Robert Whittaker, autre tombeur de l’artiste brésilien en avril 2017. Souza est l’un des rares combattants MMA à véhiculer une dimension mystique, capable de conclure de manière inattendue, détenteur d’une palette de finalisations variée. Il était déjà une légende des tournois de jiu-jitsu et grappling dans les années 2000, il a parfaitement réussi sa transition au sein du StrikeForce où il s’empare de la ceinture aux dépens de Tim Kennedy, puis régale le public de l’UFC depuis 2013, obtenant pas moins de quatre bonus « performance of the night » et un « submission of the night ». À 38 ans, Jacaré n’a plus que l’objectif du titre suprême en tête. Ses récents progrès en striking ont achevé d’en faire un combattant complet. On ne sait plus sur quel pied danser en revanche avec le Californien Kelvin Gastelum, révélé par le TUF 17, remporté en 2013. Entre ses différents problèmes de cutting et son test positif pour marijuana l’an dernier, l’analyse a été déplacé sur un terrain éloigné du sport. D’autant que des résultats en dents de scie (quatre victoires, trois défaites et un no contest depuis 2015) ont contrarié une éventuelle logique d’ascension. Cependant Gastelum a prouvé être davantage qu’un puissant lutteur dur à bouger, se découvrant un côté explosif au fil du temps. Depuis son KO retentissant sur l’ancien champion des 84 kg Michael Bisping en fin d’année dernière, il s’est logiquement implanté dans le top 5. Peut-il déjouer la polyvalence du Brésilien ?

Poids pailles femmes : Mackenzie Dern (6-0) vs Amanda Cooper (3-3)

C’est la principale inconnue de cette carte principale : quid de l’issue de cette opposition entre une reine du grappling (Mackenzie Dern, championne ADCC en 2015), encore peu testée niveau MMA, et une boxeuse courageuse mais limitée ? Tout est allé très vite pour Dern, plus de 100 combats de grappling à son actif à seulement 25 ans, et déjà passé par les principales organisations d’arts martiaux mixtes en l’espace de six combats : Legacy FC, LFA, Invicta et UFC il y a tout juste deux mois. Sa victoire par décision partagée devant Ashley Yoder n’a pas permis d’ôter les doutes. Pour sa part, Cooper compte pour seul fait saillant une finale de TUF perdu contre Tatiana Suarez en juillet 2016. Elle semble être une proie idéale pour conforter le buzz naissant de son adversaire américano-brésilienne.

Poids coqs : John Lineker (30-8) vs Brian Kelleher (19-8)

Aussitôt repéré, aussitôt recruté. John Lineker a tout juste eu le temps de conquérir la ceinture poids coqs du Jungle Fight qu’il bifurquait vers l’Amérique du nord courant 2012. Aujourd’hui, le natif de Paranagua fait presque partie des meubles à l’UFC et signera sa 15e participation lors de ce show de Rio. Malgré un physique changeant l’ayant conduit à combattre dans quatre catégories de poids, il affiche un parcours cohérent dans l’ensemble, agrémenté de violents KO autant que de décisions savamment obtenues. Striker à plusieurs facettes, Lineker se caractérise surtout par un cardio irréprochable, conservant une puissance de frappe importante au fil des rounds. Malgré des victoires convaincantes sur Iuri Alcantara et Renan Barao, l’Américain Kelleher fera office d’outsider au vu de sa récente intégration à l’UFC. Appelé en remplaçant « short notice » pour croiser le fer avec Alcantara en juin 2017, il a démarré sur un rythme tonitruant en enchaînant quatre affrontements supplémentaires (celui-ci inclus) en moins d’un an. En dehors d’un règne éphémère au Ring of Combat, le parcours de Whitey Mouse pré-UFC donne des indications plutôt négatives sur son niveau. Ainsi s’est-il incliné lors de ses deux piges au Bellator FC, octobre 2011 et mars 2013. Son striking imprévisible, comprenant multiples coups retournés et attaques au corps, peut-il contrarier le jeu plus traditionnel de Lineker ? On peut prendre un pari : le duel devrait se dérouler essentiellement en stand up.

Poids moyens : Vitor Belfort (26-13 + 1 no contest) vs Lyoto Machida (23-8)

Plus qu’un match, un symbole. La croisée des chemins, comprendre sans doute par là le mot retraite, pour les deux protagonistes de ce duel légendaire. Un parfum de nostalgie émanera de la Jeunesse Arena au moment des entrées de Lyoto Machida et Vitor Belfort. Au-delà d’une même nation, une multitude de points communs relie les deux hommes : un statut à part reflété par leur surnom respectif (The Dragon pour l’un, The Phenom pour l’autre), une détention éphémère du titre mi-lourds de l’UFC dans leur prime, une période de regain considérée comme une résurrection après un passage à vide, des finishs saisissants de créativité leur ayant valu de belles compilations vidéos, et hélas un enchaînement de désillusions lors de tentatives pour monter sur le trône des poids moyens comme des mi-lourds. Étrangement, les deux hommes restent sur le même type de victoire pour leur dernière sortie, à savoir une décision des juges en leur faveur à l’issue d’un combat peu engagé dans lequel on peine à distinguer le dominateur. Belfort a eu le dessus sur le « vieux » Nate Marquardt quand Lytoto Machida a l’air de rien brisé la streak du prometteur Eryk Anders. Officiellement, seul The Phenom pourrait raccrocher les mitaines dans l’immédiat puisqu’il livre son ultime fight compris sur son contrat UFC. Voir le champion de karaté Machida emprunter la même porte de sortie serait un beau clin d’oeil. Avant cela, on ne peut qu’espérer revoir les spinning heel kicks et autres front kick ayant construit la légende des deux opposants.

Un mot sur la carte préliminaire : Thales Leites, Ramazan Emeev et autres outsiders

Peu de grands noms égarés en début de show, sinon l’ancien challenger infortuné au titre d’Anderson Silva, alias Thales Leites dont il s’agira de la 20e apparition octogonale. Une affaire plutôt gérable l’attend en la personne du Suédois Jack Hermansson. Rayon stars en devenir, l’ancien double champion middleweight du M-1 Global Ramazan Emeev a la lourde charge de confronter l’invaincu Alberto Mina, et ceci pour sa première chez les welters. Autre combattant russe de premier plan à suivre, Oleksiy Oleynik en poids lourds. L’homme à la longévité admirable (premier combat pro MMA en 1997) confrontera un Junior Albini encore green, son cadet de treize ans.

 

 

Retrouvez la carte complète de l’UFC 224 ici.

 

 

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